Olumiant® (baricitinib)

L'ensemble des documents de référence pour Olumiant (le résumé des caractéristiques du produit (RCP), la notice, l’ensemble des avis de transparence et, le cas échéant, les manuels d'utilisation ou la Fiche d’information thérapeutique) est disponible et consultable en ligne

Ces éléments d’information sont fournis en réponse à votre question d’information médicale et peuvent contenir des données ne faisant pas partie des indications validées dans nos autorisations de mise sur le marché. Pour une information complète, se reporter au Résumé des Caractéristiques du Produit.

Olumiant® (baricitinib): Utilisation chez les patients avec COVID-19 (infection coronavirus 2019)

Baricitinib est associé à une augmentation du taux d’infections. Eli Lilly n'a pas étudié l'utilisation du baricitinib chez des patients présentant une infection à un coronavirus.

Risque d'infection par COVID-19 chez les patients traités par baricitinib

Nous ne disposons pas d’information spécifique quant au risque d’infection à coronavirus chez les patients traités par baricitinib.

Eli Lilly and company n'a pas étudié l'utilisation du baricitinib chez des patients à risque de contracter un coronavirus.1

Utilisation de baricitinib chez les patients avec COVID-19

Eli Lilly and company n'a pas étudié l'utilisation du baricitinib chez des patients présentant une infection à un coronavirus.1

Mises en garde spéciales et précautions d'emploi liées aux infections

Le baricitinib (BARI) est associé à une augmentation du taux d’infections par rapport au placebo, notamment des infections des voies respiratoires supérieures. Chez les patients naïfs de tout traitement, l’association avec le méthotrexate a entraîné une augmentation de la fréquence des infections par rapport au traitement par BARI en monothérapie.2

  • Les risques et les bénéfices d’un traitement par BARI doivent être pris en considération avant l’instauration du traitement chez les patients présentant des infections actives, chroniques ou récurrentes.2

  • En cas de survenue d’une infection, le patient doit faire l’objet d’une surveillance étroite et le traitement par BARI doit être temporairement interrompu si le patient ne répond pas à un traitement standard. Le traitement par baricitinib ne doit pas être réinstauré avant guérison de l’infection.2

La décision concernant le traitement reste à la discrétion du médecin prescripteur. 

Baricitinib et infections

Incidence des infections dans les études cliniques sur baricitinib

Infections des voies respiratoires supérieures

Les infections des voies respiratoires supérieures ont été des effets indésirables très fréquemment (≥10%) rapportés dans les essais cliniques sur baricitinib dans la polyarthrite rhumatoïde.1

Tableau 1. Infections et infections des voies respiratoires supérieures dans les essais cliniques sur la polyarthrite rhumatoïde dans la période controlée par placebo 1,3,4

 

Population d’analyse issue de 7 études contrôlées versus placebo a
(jusqu'à la semaine 24)

n (EAIR)

Placebo
N=1215
PA=450.8

BARI 2 mg
N=479
PA=185.8

BARI 4 mg
N=1142
PA=471.8

Toute infection liée au traitement

340 (75.4)

156 (84.0)

423 (89.7)

Infections des voies respiratoires supérieuresb

184 (40.8)

91 (49.0)

224 (47.5)

Abréviations : BARI = baricitinib; EAIR = taux d’incidence ajusté sur l’exposition; PA = patient-années d'exposition.

a La population issue de l’analyse poolée de 7 études incluait des patients atteints de PR randomisés dans les groupes BARI 4 mg (N = 1 142, PAE = 471,8) ou placebo (N = 1 215, PAE = 450,8) provenant de 3 études de phase II et de 4 études de phase III (RA-BEAM, RA-BUILD, RA-BEACON et RA-BALANCE). Les patients du groupe placebo ont pu recevoir du MTX en traitement de fond ou un autre DMARD conventionnel. Les données du groupe BARI 2 mg (N=479, PAE=185.8) sont dérivées de 4 de ces études dans lesquelles les deux dosages BARI 2mg et BARI 4mg étaient des options au cours de la randomisation.

b Incluant sinusite aiguë, épiglottite, laryngite, rhinopharyngite, douleur oropharyngée, pharyngite, angine pharyngée, rhinite, sinusite, angine, trachéite, infection des voies respiratoires supérieures

Infections graves dans les essais cliniques sur la polyarthrite rhumatoïde

La population d’analyse regroupant les données de tous les patients atteints de PR traités par BARI incluait 3 770 patients atteints de PR qui ont reçu des doses diverses de BARI, dans une étude de phase I, trois études de phase II et cinq études de phase III (RA-BEGIN, RA-BEAM, RA-BUILD, RA-BEACON, RA-BALANCE). Les données provenaient également d'une étude d'extension à long terme (RA-BEYOND) comportant

  • des données jusqu’au 13 février 2018, et

  • 10 127 PA et

  • jusqu'à 6,9 années d'exposition.3,4

Sur les 3 770 patients traités par BARI lors des études cliniques dans la PR jusqu'au 13 février 2018, 283 infections graves apparues sous traitement ont été observées, avec un taux d’incidence ajusté sur l’exposition (EIAR) de 2,8 pour 100 PA. Les infections graves les plus fréquentes rapportées ont été les suivantes :

  • pneumonie (n = 56, EAIR 0,54)

  • zona (n = 35, EAIR 0,34)

  • infection des voies urinaires (n = 23, EAIR 0,22)

  • cellulite (n = 16, EAIR 0,16)

  • septicémie (n = 18 dont 14 cas de septicémie et 4 cas de sepsis urinaire) et

  • gastroentérite (n = 13, EAIR 0,13).

Facteurs cliniques associés à des infections graves

Un grand nombre de facteurs cliniques susceptibles d'influencer le risque d'infection grave a été évalué à l'aide de modèles de Cox et de la population d’analyse regroupant les données de tous les patients atteints de PR traités par BARI jusqu'au 1er janvier 2016. Les 5 facteurs de risque indépendants identifiés de survenue d’infections graves étaient les suivants :

  • une utilisation antérieure de produits biologiques

  • un âge avancé

  • un recrutement dans l'étude en Asie, à l'exclusion du Japon

  • un indice de masse corporelle anormal, et

  • une utilisation concomitante de corticostéroïdes.5

L'augmentation des grades de lymphopénie était associée à une hausse de la fréquence de survenue des infections globales et des infections graves apparues sous traitement chez les patients traités par BARI.1

Informations issues du RCP

Les infections font partie des effets indésirables rapportés sous traitement par BARI:2

  • Très fréquent:

    • Infections des voies respiratoires supérieures (terme combiné incluant : sinusite aiguë, épiglottite, laryngite, rhinopharyngite, douleur oropharyngée, pharyngite, angine pharyngée, rhinite, sinusite, angine, trachéite, infection des voies respiratoires supérieures)

  • Fréquent:

    • Zona

    • Herpes simplex (combinant les termes: eczéma herpétiforme, Herpes simplex, Herpes simplex ophtalmique, herpès labial)

    • Gastroentérite

    • Infections urinaires

    • Pneumonie

Les effets indésirables (EI) les plus fréquemment rapportés qui sont survenus chez au moins 2 % des patients traités par BARI en monothérapie ou en association avec des DMARDs conventionnels synthétiques, ont été l’augmentation du LDL-cholestérol (33,6 %), les infections des voies respiratoires supérieures (14,7 %) et les nausées (2,8 %). Les infections signalées avec BARI comprennent le zona.2

Dans les études contrôlées, jusqu’à 16 semaines, le taux d’incidence globale d’infections (taux de patients ayant au moins 1 événement pour 100 patients-années d’exposition) a été de 101 avec BARI, contre 83 avec le placebo. La plupart des infections étaient d’intensité légère à modérée. Dans les études comprenant les deux doses, des infections ont été rapportées chez 31,9 %, 28,8 % et 24,1 % des patients jusqu’à 16 semaines dans les groupes 4 mg, 2 mg et placebo respectivement. Les taux de déclaration d’EI liés à une infection pour BARI par rapport au placebo ont été : infections des voies respiratoires supérieures (14,7 % versus 11,7 %), infections urinaires (3,4 % versus 2,7 %), gastroentérite (1,6 % versus 0,8 %), Herpes simplex (1,8 % versus 0,7 %) et zona (1,4 % versus 0,4 %). Chez les patients naïfs de tout traitement, jusqu’à 52 semaines, la fréquence des infections des voies respiratoires supérieures a été plus élevée avec le traitement associant le méthotrexate et BARI (26,0 %) qu’avec le méthotrexate seul (22,9 %) ou BARI seul (22,0 %). Le taux d’infections graves avec BARI (1,1 %) a été similaire à celui observé avec le placebo (1,2 %). Les infections graves les plus fréquentes sous BARI ont été le zona et la cellulite. Le taux d’infections graves est resté stable pendant une exposition à long terme. Le taux d’incidence global des infections graves dans le programme d’études cliniques a été de 3,2 pour 100 patients-années.2

Recommandations des Sociétés Savantes et des Autorités de Santé

Le 2 mars 2020, les présidents de sociétés savantes, dont la Société Française de Rhumatologie et de Dermatologie, ont publié une lettre adressée au Directeur général de la santé (DGS) lui demandant « de délivrer rapidement au niveau national, un message aux soignants qu'ils puissent donner à leurs patients qui reçoivent actuellement un traitement immunosuppresseur ou biologique. »6

Dans ce courrier, en l’état actuel de la situation et des connaissances, leur position est :

« de recommander de ne pas interrompre ces traitements dans un but PREVENTIF, car cette démarche les mettrait en danger d’une reprise évolutive de leur maladie inflammatoire chronique avec une perte de chance, ajoutant de manière certaine un problème supplémentaire à la crise sanitaire.
• de discuter au cas par cas avec les médecins spécialistes concernés de cette interruption en fonction de la pathologie traitée et des traitements employés chez les patients infectés et chez les patients contacts.
» 6

Le 20 mars 2020, une notice d'information sur l'épidémie de coronavirus (COVID-19) destinée aux patients recevant un traitement immunosuppresseur pour une maladie rhumatologique inflammatoire ou auto-immune a été publiée sur le site Internet de la Société Française de Rhumatologie (SFR). 7

Les auteurs de cette notice d’information recommandent :

En l’absence de signes d’infection COVID-19 :

de poursuivre le traitement du rhumatisme inflammatoire chronique (traitements de fond biologiques ou non, corticoïdes) ;
• En effet, l’arrêt de ce traitement risque d’entrainer une rechute de la maladie qui fragiliserait le patient face à l’infection ;

En présence de signes d’infection COVID-19 : fièvre, toux, essoufflement, douleurs musculaires :

de suspendre le traitement du rhumatisme inflammatoire chronique, SAUF LES CORTICOÏDES et l’hydroxychloroquine ;
• de contacter le médecin ou le rhumatologue pour décider de la suite de la prise en charge, notamment de la possibilité ou non de poursuivre certains des traitements des rhumatismes inflammatoires chroniques dont l’utilisation est actuellement testée dans le traitement de COVID-19 ;

Enfin, pour tous, de suivre les recommandations générales (distanciation sociale, gestes barrières…).7


Le 6 mars des recommandations destinées aux patients atteints de maladies auto-immunes ou auto-inflammatoires ont été publiées sur le site de la FAI2R (filière de santé pour les maladies auto-immunes et auto-inflammatoires rares, financée et pilotée par le Ministère chargé de la santé). Ces recommandations sont alignées sur celles de la SFR.8

Le 14 mars 2020, la Direction Générale de la Santé a publié une actualisation des recommandations COVID-199 :

  • liste des personnes à risque de développer une forme grave d’infection à SARS-CoV-2 établie par le Haut Comité de Santé Publique (HCSP) :

    • malgré l’absence de données dans la littérature, en raison d’un risque présumé compte-tenu des données disponibles sur les autres infections respiratoires, les personnes avec une immunodépression acquise médicamenteuse (chimiothérapie anticancéreuse, immunosuppresseur, biothérapie et/ou une corticothérapie à dose immunosuppressive) sont également considérées à risque ;

    • chez ces patients, les « mesures barrières» et mesures de distanciation sociale spécifiques aux personnes fragiles doivent être observées.

  • les patients sous corticoïdes ou autres immunosuppresseurs pour une pathologie chronique ne doivent pas interrompre leur traitement, sauf avis contraire du médecin qui les suit pour cette pathologie.

Ces recommandations étant susceptibles d’évoluer, nous vous invitons à consulter régulièrement les sites concernés. 

Ressources complémentaires concernant les maladies infectieuses

Des informations régulièrement actualisées concernant le coronavirus sont disponibles en ligne sur le site du Gouvernement (https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus)  et / ou au site de l'Organisation Mondiale de la Santé - OMS

Références

1. Données internes, Eli Lilly and Company ou l’une de ses filiales.

2. Olumiant [résumé des caractéristiques du produit]. Eli Lilly Nederland B.V., The Netherlands.

3. Genovese MC, Smolen JS, Takeuchi T, et al. Safety profile of baricitinib for the treatment of rheumatoid arthritis up to 7 years: an updated integrated safety analysis. Ann Rheum Dis. 2019;78(2):308-309. http://dx.doi.org/10.1136/annrheumdis-2019-eular.691

4. Genovese MC, Smolen JS, Takeuchi T, et al. Safety profile of baricitinib for the treatment of rheumatoid arthritis up to 7 years: an updated integrated safety analysis. Presented as an oral presentation at: European League Against Rheumatism (EULAR) Annual Meeting; June 12-15, 2019; Madrid, Spain.

5. Winthrop KL, Genovese MC, Harigai M, et al. Serious infection and associated risk factors in patients with moderate to severe rheumatoid arthritis treated with baricitinib [abstract OP0248]. Ann Rheum Dis. 2017;76(suppl 2):158. http://ard.bmj.com/content/76/Suppl_2/158.2

6. Société Française de Rhumatologie (SFR), Information Coronavirus - Lettre DGS, 02 mars 2020 ; https://sfr.larhumatologie.fr/actualites Site consulté le 06 mars 2020.

7. Société Française de Rhumatologie (SFR), Information sur l’épidémie de coronavirus (COVID-19) destinée aux patients recevant un traitement immunosuppresseur pour une maladie rhumatologique inflammatoire ou auto-immune, 20 mars 2020 ; https://sfr.larhumatologie.fr/actualites Site consulté le 20 mars 2020.

8. Filière de santé des maladies auto-immunes et auto-inflammatoires rares (FAI2R), Recommandations COVID-19 : Patients atteints de maladies auto-immunes ou auto-inflammatoires, mise à jour du 13 mars 2029 ; https://www.fai2r.org/actualites/covid-19 Site consulté le 13 mars 2020.

9. Ministère des Solidarités et de la Santé, https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-infectieuses/coronavirus/coronavirus-PS Site consulté le 16 mars 2020

Glossaire

BARI = baricitinib

EI = Effets Indésirables

OMS = Organisation Mondiale de la Santé

PAE = patient-années d'exposition

SFR = Société Française de Rhumatologie

revue le : 2020 M02 27

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